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Le Blog De Grand-Mère

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Octobre2008 vendanges

OCTOBRE 2008 

Qu’il fait  doux en cette journée d’automne. Ciel bleu, pas de vent, cela m’incite et m’invite à « prendre l’air ». Je me rends donc au village de Venthône grâce à notre funiculaire, avec l’intention de parcourir les chemins des vignes pour le retour à la maison. Miège, Veyras, Muraz donc 1 heure 30 environ de marche à mon rythme…. Que la nature est belle et colorée. C’est la période des vendanges. Eparpillées dans les vignes, les caissettes rouges, jaunes se remplissent  de la précieuse récolte pour ensuite rejoindre différentes caves…En marchant je me prends à rêvasser à la période des vendanges du temps de mon enfance…. Eh oui… L’atmosphère est différente. Dans le vignoble femmes, enfants, vignerons étaient à la tâche. L’on remplissait  de la précieuse récolte, bidons, bassines , avec la brante les hommes vidaient le tout dans les tonneaux qui stationnaient au bord du chemin pour en fin de journée être acheminés dans diverses caves au gré des vignerons. L’ambiance était gaie. A chaque participant était dévolu une ligne à cueillir minutieusement le raisin et à ramasser les grains tombés sur le sol…. (actuellement pour la quantité, quota exigé afin de  favoriser la qualité ). C’était un peu la fête…. rivalité affectueuse… qui travaille avec plus de dextérité… restauration sur place, thé chaud, vin, fromage viande séchée,  l’on chantait et nous avions plaisir à écouter nos tantes nous raconter des histoires d’autrefois, histoires parfois je pense inventées…

A la tombée du jour tout le monde quittait la vigne pour apporter la précieuse récolte aux caves respectives … Pour nous les caves PROVINS. C’était un  long cortège de chars tirés par mulets, vaches. Ce cortège partait de la place Beaulieu jusqu’à Provins, en colonne, à chacun son tour pour le déchargement, dans le calme, sans bousculade, échange de conversations  avec les vignerons, picotant un raisin de-ci de-la, si nous trouvions du muscat….quel régal, car il était rare. A la cave, la pesée, le degré d’alcool de la vendange. C’était le suspens car des résultats dépendait la paie que le vigneron percevait par tranches dont la dernière était reçue pour la  foire de St. Catherine, revenu qui s’utilisait à cette occasion, pour divers achats, habits, outils, fromage, petit lard, machines agricoles et autres et même bétail, les carrousels animaient la citée. Un petit pécule était en réserve en prévision de Noel. La période des vendanges c’est la récompense d’une vie de labeur. Pendant environ trois semaines il se dégageait dans la ville une atmosphère particulière, l’odeur du raisin pressé, du bétail à travers la cité, un certain mode de vie plus calme, bien mérité après le travail exigeant.Suite à ces souvenirs, je vais me délecter d’une belle grappe de raisin.          Grd.mère ROSE. 


BASSINS-LAVOIRS

Journées d’automne, fraîcheur matinale, soleil qui réchauffe parfois timidement l’atmosphère. Chez nous la nature est belle avec son vignoble encore vert qui attend que le raisin arrive à maturité prémisse d’une récolte qui se veut généreuse.Chaussures de marche, tenue décontractée, je décide de parcourir les différents quartiers de la ville en m’attardant spécialement sur nos bassins-lavoirs qui éveille en moi des sensations, des souvenirs d’autrefois.Ils sont beaux nos bassins de quartiers, robustes, sobres, taillés dans la pierre grise, solides sans grande fioriture…. parfois décorés au dessus du goulot des fleurs d’un jardin, mais important par la date de leur construction. Glarey, la Scie,. Borzuat, Muraz, Villa, Zervettaz, St.Ginier et bien d’autres.La fonction première de ces monuments servait d’abreuvoir pour le bétail, de lavoir à linges et parfois à légumes. A la Scie, le magnifique cheval  « Boby » propriété de la famille Zwissig se désaltérait  plusieurs fois par jour, ce qui faisait notre bonheur car nous avions le privilège ensuite de le monter au galop pour se rendre à l’écurie de Borzuat. A Muraz, le bétail de tante Léontine, de sa voisine Césarine et des paysannes du quartier s’abreuvait au bassin situé au centre du quartier. Les femmes remplissaient cette fonction, avec plaisir, après la traite cela permettait d’échanger de comparer…. huit, dix, douze litres de lait ce soir, la vache va bientôt vêler  « mettre au monde un petit veau » ….  A Zervettaz autre ambiance. Le bassin servait souvent de lavoir. Dans les familles pas de machines à laver le linge, donc celui-ci était dégrossi, savonné puis transporté avec petit char à la buanderie de la famille pour être cuit, rincé, égoutté sur chevalet et en ressortir blanc comme neige…. Dans le quartier l’écurie de l’oncle Séraphin. Cette étable était occupée seulement au printemps et en automne car c’était la vie de transhumance. Que cette écurie sentait bon lors de la traite… la chaleur dégagée par le bétail, le fumier encore chaud, le bol de lait tout frais que l’on savourait avec délice. L’oncle Séraphin possédait encore l’écurie du cheval «bijou ». Plein de malice notre cher oncle avait un malin plaisir, pour nous effrayer à faire hennir fortement sa bête. Dans le bassin du Bourg, une tradition…Lorsqu’un apprenti typographe avait réussi son examen d’apprentissage il subissait le baptême qui consistait à le jeter tout habillé, dans le dit bassin. Il était alors reconnu ouvrier de la profession. Ces quelques commentaires pour vous éveiller à la beauté de ce patrimoine « nos bassins ».  Grd.m . ROSE  

1943-1944 théâtre

            Le théâtre 

Il y a deux semaines, à Genève, j’ai eu le bonheur d’assister à l’examen et  à la remise des diplômes du théâtre , dans le cadre du Conservatoire de la ville. Cyrielle, ma petite-fille était candidate, aussi, à moi, sa grand-mère il incombait impérativement d’assister à cette cérémonie. Quel plaisir de découvrir le talent de ces jeunes, enthousiastes, interprétant des extraits de pièces de Musset, de Sacha Guitry et autres.

Du temps de mon adolescence, fin du printemps, dans nos villages « les artistes amateurs» interprétaient des œuvres théâtrales, soit comiques, soit plutôt tragiques. Cela se faisait sur la place principale du village. Il y avait foule car le public de  tous les alentours avait à cœur d’apprécier le spectacle. Dans les années 1943 et 1945 je jouais donc sur la place du village de Veyras. Il n’était pas facile à cette époque de pouvoir faire partie d’une troupe. Etant élève de l’école de commerce il m’a fallu obtenir une permission spéciale de la révérende Sœur directrice de l’établissement. Je me souviens avoir obtenu cette fameuse permission car le « metteur en scène » était le curé de la paroisse du village….. C’était la période de guerre, donc la pièce était plutôt tragique. Mon époux (instituteur), revenait du front, aveugle. Je devais donc l’accueillir chaleureusement en le prenant dans mes bras…..situation un peu difficile car il était vraiment plus petit de taille que moi, qui aurait souhaité un soldat viril, élancé même aveugle….

Dans une autre pièce je jouais la tenancière du café du village. Entre nous les acteurs, il y avait entente parfaite, les répétitions joyeuses et notre metteur en scène, plein de talent. Afin d’exprimer pour le mieux, nos sentiments, il fallait s’époumoner avec force pour que le public nous entende  au loin, partout sur la place… Dans la grande partie de nos villages du Valais des troupes d’amateurs apportaient de la joie. Nous étions des amateurs, mais des amateurs conscients de nos talents et de nos performances… en toute modestie…. Grd.mère ROSE …      


personnages insolites

Personnages attachants ou insolites 

Il est des personnages qui ont marqué mon enfance tant ils étaient attachants ou insolites. Je me souviens, dans la période des années 1930 de notre curé Luc Pont, originaire de St.Luc, prête de notre paroisse, plus tard nommé chanoine du chapitre de Sion. Je le voyais imposant, chevelure grisonnante, grande prestance, il était beau, pour moi, petite fille, il incarnait Dieu le Père. Il était le réel bon Pasteur, disponible pour chacun, avec discrétion il prodiguait charité, bons conseils dans les situations de détresse. On ne pouvait que l’admirer. Les pères capucins de l’ordre de St. François faisaient partie de notre vie. Ayant fait le vœu de pauvreté, une fois dans le courant de l’année une journée leur était consacrée. Ils rendaient visite dans nos familles pour récolter, fruits, légumes, argent. C’était pour nous enfants journée de joie car nous recevions en retour, de leur part, des images saintes, à l’effigie soit de l’ange gardien, de la vierge et l’enfant, ou autre représentation. Il était coutume lorsque nous rencontrions un prête  de le saluer en lui tendant la main. « Petite  anecdote» : Monseigneur Nestor Adam, sacré évêque du Valais le 8 août 1952, rendait assez régulièrement visite dans les paroisses. En compagnie de ma sœur Blanche nous le rencontrons. Avec précipitation Blanche tend  sa main à Monseigneur…."bonjour M. le curé" On nous fait remarquer qu’il s’agit d’un Monseigneur et non d’un simple prêtre…Blanche rétorque…" je ne vous avez pas reconnu.." sourire amusé du prélat que nous avons quitté après avoir baisé son anneau, selon la tradition. Monseigneur Adam était vraiment apprécié. Personnage fait de simplicité et d’ouverture. Sa devise "Ou il y a de l’amour, il y a Dieu".

Dans les personnages insolites, je revois Jean Studer, dit « l’express ». Agité, nerveux, mais toujours affable et de bonne humeur, il distribuait les express postaux. Grande sacoche, casquette  à la mention express, c’était son uniforme. Il appréciait les pourboires des clients, qui lui permettaient de mettre « un peu de beurre dans les épinards » selon la formule consacrée. Il était un peu l’ami de chacun.

Je n’oublie pas Madame Chappuis, maraîchère. A l’angle de la rue principale et de la rue de la gare, 2 fois dans la semaine, elle installe son petit stand de fruits et le légumes. Maigre, élancée, chignon gris abondant, lunettes imposantes, elle était fort appréciée tant par la qualité de sa marchandise que par son esprit vif, malicieux. Je repense à tante Marie la boulangère, au petit nain tailleur « Dell Ava ». Au coiffeur Rouseille, au boucher rougeau Bonvin, et à plusieurs autres qui défilent dans mes souvenirs. Il est dimanche 30 avril, demain une nouvelle semaine pointe à l’horizon. Je dis à une prochaine échéance….grd.m. ROSE     


Rue du Bourg

Quel lieu attachant que mon quartier d’enfance, rue du Bourg… Convivialité, entraide, amitié entre les habitants. L’architecture, l’aménagement judicieux des bâtiments concouraient à en faire un lieu dans lequel il fait bon vivre.Le château  « des Vidômes », la maison de Chastonay donnaient à notre rue, son aspect aristocratique. La maison Racine abritait le tribunal de la ville. En face de l’hôtel actuel de la Poste, je pense à la cordonnerie Géraud, dont le maître artisan avait la réputation d’artiste tant son travail était de qualité.

Dans ce bâtiment vivait Bertha B. qui, avec son petit char, récoltait les « lavures » des ménages, afin de nourrir ses cochons… c’était à l’époque une façon écologique de traiter les ordures. Bertha, personnage très attachant pour toute la ville. J’aimais à m’entretenir avec elle, à écouter ses histoires.

La maison Kohlbrenner, vente de sanitaires et divers produits d’entretien. La patronne, veuve, personne battante, reconnue à la ronde…avec ma maman son amie, échangeaient dans la joie et la bonne humeur… Attenant au même bâtiment, un cordonnier, d’un âge avancé,de langue allemande, je suppose qu’il ajustait plutôt  les « socs » ou chaussures pour la campagne… (parenthèse), enfants et parfois adultes nous portions des sandalettes en bois et lanières de cuir sur le dessus.

Je n’oublie pas « la consommation »  actuellement salon de coiffure Bünter. M. Pouget en était le gérant. De nos jours on ne dit plus consommation, mais Coop. À l’époque les clients en général achetaient à crédit, montant marqué dans un carnet personnel, et réglé à la fin du mois. Nous étions très amis avec la famille Pouget qui posssédait une radio, rare en cette période. On pressentait l’arrivée prochaine de la guerre aussi mon papa, souvent le soir, écoutait les nouvelles chez eux. (petite anecdote). Au mariage de Lucie, j’ai eu l’honneur d’être choisie comme demoiselle d’honneur. On me prête une robe longue bleue pour la circonstance. Pour compléter la tenue, chaussettes en laine de mouton et chaussures trotteurs très confortables. Vous pouvez imaginer ma joie et ma fierté.

En face de l’église, mon épicerie à bonbons. Pour 1 ct. nous recevions 1 caramel aviateur. Le bâtiment de la famille Rey, d’excellente réputation. Adolphe tenait commerce d’outils de toutes sortes. Louisa et sa sœur vaisselles et tous les accessoires pour le ménage. Les listes pour cadeaux de mariage avaient réputation dans tout le district et bien au-delà. Face à l’église, l’horlogerie Max Buro, (marques Mido, certina et autres) mais surtout on appréciait le magasin de fine lingerie de Madame Roh-Rouvinet, fidèle amie de ma maman. Elles ont vécu des instants privilégiés à regarder la belle marchandise, à se confier, à s’éclater parfois par ces rires qui font un peu oublier les tracas éventuels de la vie courante. Je n’oublie pas la famille Wicky, famille de onze enfants je crois, dont la mère veuve très jeune a assumé avec courage sa tâche de maman. Vient ensuite la laiterie de M. Schmutz qui avait adopté un enfant très turbulent que nous appelions  « Matzoléni ». Le lait s’achetait à l’emporté, avec un bidon… Je termine pour ce soir avec le « Violon, notre prison.. »

À une autre fois, Grd.m. ROSE


février insolite

Février insolite 

Oui, le mois de février est surprenant et insolite. En cette année 2008, année bissextile, il affiche 29 jours. C’est le mois de manifestations profanes et de celles à caractère religieux. Un peu partout dans le monde on a fêté CARNAVAL. Nous n’avons pas manqué à la tradition. Dans le Haut-Valais spécialement à Kippel dans le Lötschental, masques taillés dans le bois, édentés, horribles, des cloches imposantes, tout cela pour effrayer la population… Dans nos différentes villes valaisannes, chars imposants, musique, danse, confettis à gogo…Tout cela pour la joie des enfants et des adultes redevenus enfants pour un certain temps….Après l’excitation, le calme est revenu dans le cœur, dans les esprits.

Le 2, de ce mois, nous fêtons «  La chandeleur » . C’est à l’origine, une fête catholique qui célèbre la présentation de Jésus, au Temple et la purification de la Vierge Marie. Une ancienne tradition veut que ce jour-là on confectionne des crêpes, pour cela on tient une pièce de monnaie dans une main, pendant que, de l’autre on fait sauter la crêpe en l’air pour la rattraper dans la poêle.

Mercredi 6 février, c’est la première journée de CARÊME dans la tradition catholique. En souvenir d’Adam condamné  « à retourner poussière »   après son péché. Les chrétiens sont appelés à se purifier de leurs fautes en passant par des privations, cela jusqu’au vendredi saint ( Jour de la mort du Christ, c'est-à-dire 40 jours précédant la Pâques). De nos jours les fervents catholiques se rendent encore à l’église pour «  la distribution des cendres » cérémonie pendant laquelle le prêtre utilise une poignée de cendres en faisant le signe de croix sur le front des pratiquants. Coutume toujours actuelle.

Des souvenirs de mon enfance il me souvient spécialement du 3 février.  (St. Blaise) évêque en Arménie, martyrisé en 316, patron des drapiers. Dans sa résidence épiscopale, il recevait les gens et les bêtes malades qu’il guérissait d’une simple bénédiction. Autrefois pour rien au monde nous ne manquions à la cérémonie. Deux bougies tenues en forme de croix sur notre cou, nous préservaient des angines et des maux de cou, durant tout l’hiver…. Si ma fille Michèle a pu éviter l’ablation des amygdales, c’est grâce à la divine intervention de Saint Blaise qui fut décapité ne voulant renier sa foi. Ces quelques  faits à vos réflexions. A un prochain échange.  Grd.m. ROSE  


1939 Tante Marie d'Amérique, retour

1939 tante Marie d’Amérique revient en visite en Valais Oui tante Marie  jusqu’en 1939 avait la nostalgie du pays. Le Valais lui manquait énormément. De revenir en Suisse cela l’a libérée. Après 6 mois de son séjour elle est retournée apaisée et confiante dans l’Amérique qui était devenu son lieu de vie et qu’elle appréciait énormément.Tante Marie a décidé de la date 1939, d’un retour chez nous pour diverses raisons. En effet la situation mondiale étant critique l’on parlait de guerres éventuelles. A cette même époque Fridolin, son frère qui est mon père  souffrait de maladie très grave. Elle tenait vraiment à le revoir car elle a toujours partagé avec lui, une grande complicité. Même profession, goûts semblables, chant, musique, les deux dotés d’un caractère jovial, taquin,plein d’humour..Donc, en 1939 tante Marie d’Amérique nous revient pour quelques mois,  avec sa fille Marie-Louise. J’avais à l’époque 11 ans et ma cousine américaine 9 ans.Quel évènement pour nous….pensez donc, à l’époque une tante et une cousine d’Amérique…c’était le suspens. Notre tante fort élégante, petit chapeau noir à voilette, et Marie-Louise  toute de blanc vêtue, grande cape, béret basque, sur une magnifique chevelure blonde. Le long voyage s’est effectué en bateau ce qui lui a permis de réviser une peu notre langue française. Nous, enfants nous la découvrions ébahis et charmés par son délicieux accent d’outre-mer…C’était une période de fêtes. Rencontres chez les uns, chez les autres. Tante Marie  logeait chez tante Jeanne et sa fille prenait un malin plaisir à vivre soit chez tante Clémentine, chez tante Léontine, chez tante Alice ou chez nous. Elle savait se faire caline et affectueuse , comme une enfant gâtée elle obtenait ce qu’elle désirait….à titre d’exemple… »oncle Fidolin,je aime tant les cirises… » naturellement vite on comblait son vœu par l’achat de cerises. Elle me racontait des histoires extraordinaires sur la vie en Amérique. Les cheveux des femmes étaient si longs, qu’ils touchaient le sol. Les cadeaux reçus, des coquillages de la mer, soit pour écouter le bruit de l’océan, soit plus petits pour y déposer sa   bague à l’occasion. Marie-Louis a suivi des cours à l’école Beaulieu. Elle était le chouchou des compagnes de classe et des enseignantes. «  Elle nous venait d’Amérique..pensez donc… »1939 il a fallu repartir avant que les frontières ne se referment pour cause de guerre. Notre tante, son mari oncle Victor, ses enfants, assez régulièrement sont revenus en visite ce qui donnait l’occasion de rencontres pour raclettes et autres fêtes de famille. Des  échanges épistolaires très réguliers  ont été maintenus entre frères et sœurs, neveux, nièces, cousins,cousines.  Famille formidable..    grd.m. ROSE         et

tante d'Amérique

Tante Marie d’Amérique, J’ai laissé au repos le blog de grd.mère .

La course à la Maison Blanche entre BARACK Obama et Hillary CLINTON, tout deux démocrates, à l’occasion de l’élection présidentielle aux USA, me fait me souvenir que nous avons une tante Marie d’Amérique avec laquelle nous avons toujours eu beaucoup de contacts dans la famille, contacts entretenus par courrier échangé avec ses frères et sœurs.

En 1988, toute une délégation de chez nous s’est rendue en Californie pour fêter ses 100 ans. Quelle joie que cette rencontre. Sa date de naissance 1878.Tante Marie exerçait la profession d’institutrice. Six mois d’école, six mois pour une autre activité. Tante Marie travaillait donc également dans l’hôtellerie en qualité de fille de salle. C’était une personne très cultivée, esprit ouvert, très moderne pour son époque. Elle possédait une écriture faite de déliés et de pleins, tout en finesse que nous admirions en lisant le courrier qu’elle nous faisait parvenir très régulièrement. En 1914, elle rencontre et tombe amoureuse de oncle Victor qui lui aussi travaille dans l’hôtellerie. Il lui fait part de son intention de faire sa vie en Californie, il quitte donc le Valais en promettant de venir chercher sa chère Marie dès qu’il aura du travail un peu stable. (A l’époque l’Amérique donnait des terres à défricher, à cultiver), donc oncle Victor a reçu sa part. Il fallait creuser des puits, assainir les marécages, entre autres activités, il avait la charge, avec un bus d’amener les enfants à l’école, enfants qu’il cherchait dans les différentes fermes. Ensuite il a construit sa maison,….(au dire de tante Marie…. un petit cabanon) En 1921, oncle Victor, toujours amoureux, rentre au pays pour chercher tante Marie et l’amener aux Amériques…. Presque un choc pour la petite valaisanne, dans l’immensité des terres californiennes…Jusqu’en 1939 elle a ressenti le mal du pays. Trois beaux enfants sont nés. Arthur, Léo, Marie-Louise. Après bien des années de labeur la propriété est devenue, culture du coton, des amandes, de la vigne. J’ai eu l’occasion d’en faire le tour. J’en garde un souvenir étonnant et admiratif, par l’immensité… A bientôt en compagnie de tante Marie d’Amérique à laquelle je voue une réelle affection.  Grd.m.  ROSE


pénitencier Noel

Noel approche. C’est la période propice aux bonnes intentions. Faire des gestes, apporter de la joie autour de soi.Je fais partie d’une association féminine. Il y a bien des années notre groupe, à l’occasion de la venue des fêtes de Noel et de fin d’année, nous prenons l’initiative de fêter les pensionnaires de la prison cantonale, à Sion. Nous prenons donc contact avec les responsables de l’institution qui nous donne le feu vert…..Préparation de gâteaux, friandises et autres. De l’excitation pour cette démarche, nouvelle pour nous. Les portes du pénitencier s’ouvrent. A déposer nos sacs, nos bijoux trop voyants, dans une petite salle. Devant les portes des cellules de grandes tables. Nous prenons place au milieu des détenus. Un bon vin chaud nous a été servi. Un vin chaud, léger, davantage d’eau que de vin pour ne pas exciter tout ce monde…Nous échangeons impressions, souhaits. Les uns librement racontent leur parcours. A ma droite un homme du Bas-Valais assassin lors d’une bagarre dans un café à Chamoson. A ma gauche, l’homme qui avait violé ses filles. Il était devenu aveugle, pleurait car disait-il on le laissait seul, peu de promenade….donc les mouchoirs en papier pour sécher les yeux de ce pauvre et de certaines d’entre-nous, si émues, au point de proposer que l’on vienne le promener dans la cour de temps en temps. Naturellement impossibilité d’envisager une telle solution…En face de moi, un jeune apprenti cuisinier, qui avait commis des vols à l’hôtel  du Cerf. Je l’ai bien encouragé à continuer son apprentissage à sa sortie, mais lui ne se disait pas du tout convaincu. Un petit groupe de jeunes élèves d’une école de danse classique animait notre après-midi.Ambiance de tristesse d’un certain chagrin, nous aurions souhaité pouvoir ouvrir toutes les portes pour ce Noel et dire à tout ce monde, « c’est la fête vous êtes libres « En fin de journée, lors de notre départ, un jeune s’est ouvert les veines et les autres, derrière les barreaux nous remerciaient. A la réflexion je dois dire que cette façon de procéder n’apportait rien de positif, au contraire car nous n’avions pas la formation requise pour une telle aventure. L’intention belle, l’excution plustôt néfaste. Souvenir, souvenir, Joyeuses fêtes en cette fin d’année.      Grd.m. ROSE