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Le Blog De Grand-Mère

Rue du Bourg

Quel lieu attachant que mon quartier d’enfance, rue du Bourg… Convivialité, entraide, amitié entre les habitants. L’architecture, l’aménagement judicieux des bâtiments concouraient à en faire un lieu dans lequel il fait bon vivre.Le château  « des Vidômes », la maison de Chastonay donnaient à notre rue, son aspect aristocratique. La maison Racine abritait le tribunal de la ville. En face de l’hôtel actuel de la Poste, je pense à la cordonnerie Géraud, dont le maître artisan avait la réputation d’artiste tant son travail était de qualité.

Dans ce bâtiment vivait Bertha B. qui, avec son petit char, récoltait les « lavures » des ménages, afin de nourrir ses cochons… c’était à l’époque une façon écologique de traiter les ordures. Bertha, personnage très attachant pour toute la ville. J’aimais à m’entretenir avec elle, à écouter ses histoires.

La maison Kohlbrenner, vente de sanitaires et divers produits d’entretien. La patronne, veuve, personne battante, reconnue à la ronde…avec ma maman son amie, échangeaient dans la joie et la bonne humeur… Attenant au même bâtiment, un cordonnier, d’un âge avancé,de langue allemande, je suppose qu’il ajustait plutôt  les « socs » ou chaussures pour la campagne… (parenthèse), enfants et parfois adultes nous portions des sandalettes en bois et lanières de cuir sur le dessus.

Je n’oublie pas « la consommation »  actuellement salon de coiffure Bünter. M. Pouget en était le gérant. De nos jours on ne dit plus consommation, mais Coop. À l’époque les clients en général achetaient à crédit, montant marqué dans un carnet personnel, et réglé à la fin du mois. Nous étions très amis avec la famille Pouget qui posssédait une radio, rare en cette période. On pressentait l’arrivée prochaine de la guerre aussi mon papa, souvent le soir, écoutait les nouvelles chez eux. (petite anecdote). Au mariage de Lucie, j’ai eu l’honneur d’être choisie comme demoiselle d’honneur. On me prête une robe longue bleue pour la circonstance. Pour compléter la tenue, chaussettes en laine de mouton et chaussures trotteurs très confortables. Vous pouvez imaginer ma joie et ma fierté.

En face de l’église, mon épicerie à bonbons. Pour 1 ct. nous recevions 1 caramel aviateur. Le bâtiment de la famille Rey, d’excellente réputation. Adolphe tenait commerce d’outils de toutes sortes. Louisa et sa sœur vaisselles et tous les accessoires pour le ménage. Les listes pour cadeaux de mariage avaient réputation dans tout le district et bien au-delà. Face à l’église, l’horlogerie Max Buro, (marques Mido, certina et autres) mais surtout on appréciait le magasin de fine lingerie de Madame Roh-Rouvinet, fidèle amie de ma maman. Elles ont vécu des instants privilégiés à regarder la belle marchandise, à se confier, à s’éclater parfois par ces rires qui font un peu oublier les tracas éventuels de la vie courante. Je n’oublie pas la famille Wicky, famille de onze enfants je crois, dont la mère veuve très jeune a assumé avec courage sa tâche de maman. Vient ensuite la laiterie de M. Schmutz qui avait adopté un enfant très turbulent que nous appelions  « Matzoléni ». Le lait s’achetait à l’emporté, avec un bidon… Je termine pour ce soir avec le « Violon, notre prison.. »

À une autre fois, Grd.m. ROSE