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Le Blog De Grand-Mère

Ma ville

Elle comptait cinq boucheries qui vivaient de façon correcte même en période de guerre alors que la marchandise n’était délivrée qu’avec les coupons de la Confédération. C’était un lieu très convivial, les ménagères échangeaient commentaires, recettes, impressions. Le boucher y participait avec anecdotes, avec humour en débitant sa marchandise. A l’époque de mon enfance aller chez le coiffeur était certainement un luxe pour les dames. Elles recouraient aux bons offices du FIGARO qu’aux grandes occasions, baptêmes, cérémonies religieuses, mariages, deuils. Les hommes allaient régulièrement «  se faire la barbe », les rasoirs électriques n’existaient pas encore. Notre ville comptait deux excellents figaros pour messieurs. Pour les dames, coiffure YVETTE chez laquelle j’ai fait ma première permanente, permanente exécutée à la vapeur, avec la tête enrobée de tuyaux , méthode un peu effrayante, peur de brûlures.Le salon de coiffure, chez Madame Barbey  me permettait de récolter quelques petits sous puisque les jours de congés j’aidais à passer les bigoudis, à effectuer quelques tâches mineures, chez elle, toujours très chaleureuse. récompense, gâteaux, bonbons, pourboires de la clientèle……

A l’époque la gente féminine portait chapeau, si ce n’est la semaine, en tout les cas, le dimanche. Sierre comptait deux MODISTES. J’adorais ces couvre-chefs. Cousine Jeannette m’avait confectionné une grande capeline noire, garnie d’une voilette à pompon qui descendait jusqu’à la naissance du cou. C’était très joli, mai peu pratique à porter, car le vent de chez nous, l’expédiait dans la rue,….et avec nos talons aiguilles, ….quelle performance pour récupérer notre bien…. En juin, lors de la procession de la Fête Dieu, les dames de la chorale arboraient, chapeaux, toilettes, un défilé de mode, tout à la gloire de Dieu. Souvenirs, souvenirs… c’est charmant, la réalité me rappelle qu’il faut mettre le rôti à feu, donc à bientôt.           Grd.mère ROSE                


Je quitte Val d'Anniviers

 Je quitte le Val d’Anniviers pour rejoindre ma cité du soleil. La configuration de Sierre l’agréable a bien changée depuis les années 1940. Une route principale entrecoupée de routes-chemins en parallèle. Citée pleine de charme avec ses 5'000 habitants, qui  vivaient en bonnes relations, en général,des contacts faciles (sauf exception…) citadins, paysans, ouvriers. Ils étaient la représentation  des différents quartiers, villa, Muraz, Glarey, (les radicaux durs ) Sous-Géronde ( directeurs et chefs de l’usine, de langue allemande souvent et de confession protestante.
La vie savait être joyeuse, surtout le samedi soir. Dans le jardin du café du Rothorn, bal  jusque presque au petit matin…swing, tango, marche, valse-anglaise .Les commerces se faisaient un honneur de livrer de la qualité. Je pense à l’épicerie Jean Tonossi près de la gare, en face aux grands magasins Louis Tonossi, pour l’habillement, . chacun y trouvait son compte. L’ouvrier, le paysan, la dame chic…le monsieur exigeant..Je pense également à la maison de confection Herz. J’ai pour cette famille un sentiment de reconnaissance émue,car au décès de mon cher papa, il a été proposé à notre maman, mère de six très jeunes enfants d’acheter habits, chaussures et autres à crédit à régler les notes à plus tard. Les vitrines du bazar Derivaz, un enchantement , possibilité d’acheter, jeux, poupées, attrapes etc.
Une anecdote. Mon petit frère René, enfant turbulent, arrive à la maison, tout excité. « maman au bazar Derivaz il y a un martinet ( lanières de cuir sur un manche en bois)je désire vraiment l’avoir pour mon anniversaire. Sitôt exprimé, sitôt acquis….. aussi le même soir, notre turbulent René a eu le bonheur d’inaugurer son achat de la journée par une bonne correction…
Je n’oublie point la petite boulangerie de tante MARIE, minuscule. Le dimanche après la messe, (c’était un rituel) chez tante Marie, gâteaux  pour le dessert, Des lunes avec la glaçure rose ou blanche, pour les enfants, et des meringues pour les parents. Quel délice…Figure pittoresque, le petit tailleur M. Del’Ava, très talentueux, habillait les plus exigeants….Son atelier se trouvait à côté de la maison bourgeoisiale dans laquelle en mettait les délinquants, en préventive. C’était une belle bâtisse rose, ornée sur la devant d’une belle fresque, un soldat mercenaire, je pense.
Je remets à une autre fois la suite, car il est l’heure d’aller me blottir dans les bras de morphée.    Grd.m. ROSE