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Le Blog De Grand-Mère

Vissoie

VISSOIE, cœur de la vallée                 

Je suis une descendante des familles Tabin et Monnier du village de Vissoie. J’en suis fière. Ces deux familles de notables étaient fort appréciées dans tout  le Val d’Anniviers. Vice-châtelin Tabin, des juges, des militaires et autres personnages importants. Pour communiquer en 1884 le télégraphe transmission par morse a été instauré au village. La responsable de cette activité, Crésence Monnier, fille de Basile, épouse de Chrétien Monnier. Elle était la sœur de ma grand-mère Marie, épouse de Joseph Tabin. Ce télégraphe manuel desservait toute la vallée. Une petite salle avait été aménagée pour cette installation, à côté de la salle de classe. Basile Monnier, avait la tâche de développer la région (un peu office du tourisme actuel). Il envoie sa petite Crésence de 16 ans à Sion pour apprendre le morse. Cette dernière avec aisance et facilité déchiffrait les messages. En 1923 environ le téléphone avec fiches fait son apparition. La belle-fille de Crésence la remplace vu son âge. En 1956 Le téléphone a été automatisé, Sion prend la relève. Cette période si pittoresque prend fin. Les familles Tabin-Monnier ont partagé tant de choses en commun, à ce jour encore une réelle affection nous lie. Ma mère me racontait que l’église de Vissoie desservait tous les villages d’Anniviers jusqu’en 1804, puis St. Luc s’est séparé et ensuite d’autres villages. La transhumance faisait partie de la vie. Femmes, enfants, bétail c’était le déménagement. Au printemps, car les travaux des vignes se faisaient pressant, en automne pour la récolte des fruits, des légumes, la rentrée de la vendange. Suprême récompense le bon vin de notre pays….Chaque village avait son quartier bien défini à Sierre. Exemple, pour St. Luc, Muraz,pour Vissoie-St. Jean, Zervettaz, pour Ayer-Grimentz Villa. Au mois de novembre, fête de St. Catherine à Sierre. C’est la joie, car le fruit du labeur a été payé. Les habitants de notre vallée font leurs achats pour l’année, habillements, chaussures, denrées, également achat du bétail, de machines agricoles et autres et en plus des gourmandises….

A l’approche de Noël mon grand-père "descendait" à Sierre pour l’achat de cadeaux, en général, pour les filles, des tabliers ,des tissus, pour les garçons des pullovers, chaussettes .Un hiver de beaucoup de neige, impossible à grand-père de se rendre à Sierre… donc pour cadeaux de Noël, des tartines de pain, beurre et miel posées sur le rebord de la fenêtre entre les volets. Grande déception des enfants, pour consolation la promesse de grand-père, dès que possible des achats à Sierre. A une prochaine fois pour petites anecdotes.   Grd.m. ROSE


Chandolin

Avant de rejoindre Vissoie, cœur du Val d’Anniviers, un détour pour me rendre à Chandolin, village situé à 2000m d’altitude, le plus haut village de montagne d’Europe . Des personnages célèbres y ont séjourné. Je cite l’écrivain genevois, Ella Maillart, grande voyageuse suisse, à la découverte de l’Asie, de l’extrème-Orient. Un musée au centre du village a été érigé en son honneur. A Chandolin, le 6 janvier, fête de l’Epiphanie, c’est la joie, la ferveur, la détente avec ses trois rois-mages, Gaspard, Melkior, Balthasar. Enfants nous marchions beaucoup. A mi-chemin de la route d’Anniviers, en face du petit village de Fang, c’est le départ d’un étroit sentier, dans la forêt, bordée de ravins, pour arriver à Chandolin un peu exténués mais si contents de l’effort fourni. Enfant j’ai accompli deux fois cette performance…..eh..eh.. Chaque été, le trajet St.Luc-Sierre, était un rituel à ne pas manquer. Nos cousins, nos cousines étaient de la partie. C’était la bande des  «joyeux lurons » rires, chants… «cents  kilomètres à pied… ». A la saison des moissons, régulièrement  nous marchions de Vissoie à St.Luc. Etant la plus petite, j’avais droit à m’agripper à la queue du mulet pour m’aider à la montée…Pauvre mulet, chargé de bottes de blé et d’une fillette qu’il fallait aider. Ne dit-on pas  « chargé comme un mulet ». Chandolin est situé entre arolles et mélèzes. Fin de l’été, début de l’automne, ramassage des pins d’arolles. Après un temps de séchage quel délice de les écailler pour en ressortir les précieuses amandes.  Nous étions de petits écureuils.

A l’époque nos parents ne possédaient pas de voiture. Nous nous rendions donc dans la vallée, soit en prenant place dans le char tiré par le cheval de M. Vouardoux qui effectuait les transports, déménagements, matériel de construction etc. Autre moyen de déplacement, le car postal, pour notre plus grande joie, aux contours périlleux  résonnait le …papapou papi .…du klaxon. La route n’était pas aussi bien aménagée qu’aujourd’hui. Le long du parcours, parfois, une croix indiquait l’emplacement d’un accident grave. Je rejoins donc Vissoie. A bientôt    grd.m. ROSE