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Le Blog De Grand-Mère

Education St. Luc

Avant de ranger mes souvenirs vécus à St. Luc, pour me remémorer ceux de Vissoie, je tiens à dire que malgré les joies, les surprises, il fallait tout de même subir quelques contraintes. Dans la famille chez oncle Julien, le repas de midi du dimanche, pour moi, (fine bouche) n’était pas la fête, en effet pendant que nous étions à la messe, office religieux, mijotait la soupe à l’orge, avec légumes, un peu de graisse de marmotte et surtout de la viande séchée d’un âge certain dans laquelle l’on trouvait de petites larves dites "suirons"… je faisais des efforts pour avaler chaque cuiller, accompagnée de remontrances….(faut-il t’aider avec un bâton… ?) Mon petit frère de cinq ans également dans la famille, par malheur une nuit a mouillé son lit, la punition : toute la matinée enfermé dans l’écurie du cochon. Ma grande tante Euphémie, sœur de mon grand-père, nous rendait parfois visite. Je ne l’appréciais guère car elle usait d’humour pas toujours très fin, pour amuser la galerie. Je me souviens d’un jour de veillée, derrière moi elle place une attrape plastique en forme d’excrément, me pointe du doigt… regardez ce que Rose a fait…Rire de la compagnie et larmes de confusion de ma part. Tante Euphémie était veuve, sa sœur tante Madeleine,célibataire avec un enfant donc à l’époque, appelée "fille mère". Elle se cachait le plus possible, étant la risée du village et subissait moqueries et méchancetés.

Ces vexations ne m’ont pas traumatisée, car il y a eu de véritables instants de joies.Dans ce registre, ma maman Agnès, donc votre grand-mère, me racontait que l’instituteur de sa classe, à St. Jean originaire de St. Martin,Val d’Hérens, pour punir un élève,lui infligeait le "tour de Suisse" qui consistait  à faire trois fois le tour de la classe et l’instituteur le suivait en lui assénant coup de pied dans les fesses. Maman Agnès, la plus douée et appliquée, a été appelée pour le tour de Suisse…..de frayeur, elle s’est évanouie…son père à dû intervenir auprès de la commission scolaire pour mettre un terme à cette pratique... A l’improviste un inspecteur scolaire faisait visite. Grand, imposant, regardant par la fenêtre ouverte il fait remarquer… "regardez-moi cette campagne, c’est tout vert de verdaille et jaune de fleurs de troeilles", fleurs jaunes de dents de lion. Maman riait en y repensant.

Quelques prénoms des années fin 1800 début 1900 dans ces vallées : Euphémie, Ephrosine, Césarine, Justine,Philomène,Aglaée, Catherine, Marie, Victoire, Adelaïde. Joachim, Germain, Symphorien, Séraphin, Basile, Joseph, Benoît.

Le ler août a été décrété fête de la Suisse mais également fête patronale de St. Luc. Les femmes du village confectionnaient des guirlandes de fleurs et de branches de sapins pour la décoration de l’église et de la place du village. Fifres et tambours, discours, jeux divers, ambiance géniale pour petits et grands. Je vais reprendre route avec mes souvenirs pour rejoindre Vissoie. prochainement. Grand-mère ROSE       


hôtel Bella Tola

A l’âge de 16 ans, j’ai eu la chance et le bonheur pendant les vacances d’été, de partager la vie de la famille Pont, propriétaire de l’hôtel Bella Tola à St. Luc. C’était une famille illustre depuis plusieurs générations, notable du Val d’Anniviers. Hôtel de renommée. Les anglais, les belges, les hollandais, les italiens et bien d’autres formaient la clientèle de ce lieu privilégié pour de magnifiques vacances. M. Auguste Piccard, physicien suisse qui le premier explora la stratosphère, grand-père de M. Bertrand Piccard  y était un habitué de l’hôtel et ami de toute la famille. J’avais la tâche de seconder Mme Alodie Theytaz-Pont dans la garde de ses 4 enfants. Madame Alodie, fille de Gabriel, propriétaire de l’hôtel, était une personne que l’on ne pouvait qu’aimer et admirer. Cultivée, attentive aux autres , toujours positive.J’ai pour elle qui nous a quitté, un sentiment d’affection émue.Nous logions dans un chalet situé au milieu du village et nous prenions les repas à l’hôtel .J’ai encore le goût des fameuses tartes soit aux abricots, soit aux pommes, entourées d’une bordure de crème fraîche, que le chef confectionnait.Parfois dans le  « feu » de midi on faisait appel à moi pour le service de table. J’adorais, même si parfois malhabile je laissais tomber  soit fourchettes, couteaux et même une fois un plat de courgettes et tomates. Vu mon jeune âge et n’étant pas professionnelle on me pardonnait. Je préparais pour le déjeuner, les coquilles de beurre. Dans la clientèle que je servais, quatre femmes hollandaises, à la corpulence  « épanouie » réclamaient, à chaque repas, un supplément….ce qui mettait le chef en  « colère « Avec nous au chalet vivait tante Renée Pont. Dans sa tête elle était hors du temps….Elle me racontait des histoires à la cour des  châteaux en Autriche, elle était princesse, belles toilettes, bals etc….Quelques instants, avec elle je vivais du bonheur….eh…eh.La famille Pont, cultivée, épanouie, toujours à l’avant-garde, était vraiment appréciée, « loin à la ronde »,  Le contact avec une clientèle internationale était certainement un apport enrichissant pour cette famille qui aussi a fait ma joie.A St. Luc un deuxième hôtel très apprécié, l’hôtel du Cervin, ainsi que la Pension Favre.Sur les hauteurs l’hôtel du Weisshorn, toujours en activité, et fort apprécié.La région est superbe, ciel presque toujours bleu…montagnes aux neiges éternelles,…climat de rêve, c’est vraiment une contrée à découvrir et à vivre…. Une grand-mère qui aime son pays.  ROSE 


Clémentine, Léontine

Corrections ortographe, message « oncle Julien »

j’avais promis, cris de joie, Wildstrubel, Finsteraarhorn

 

En face de l’église et du cimetière de St. Luc, l’appartement de vacances de mes chères tantes Clémentine et Léontine. C’était la maison du bonheur. Un va et vient incessant de cousins, de cousines, jeux réunis, jeux de cartes, confection de recettes gourmandes, mais surtout l’écoute d’histoires racontées avec beaucoup d’humour et de malice par tante Clémentine, histoires de tante Léontine à l’imagination débordante, faites de comtes merveilleux. Tous les âges étaient réunis…..Le plus jeune, Gérard de tante Léontine, environ 5 ans, s’exprimait très peu, en revanche il était à l’affût de la conversation des grands….l’air de rien….Nous l’appelions donc, « Gérard le curieux ». Nous chantions beaucoup, le soir spécialement, nous, dignes descendants de  « l’organiste ».

J’ai un sentiment de reconnaissance envers tante Clémentine, qui avec beaucoup d’affection s’est occupée de mon papa Fridolin, très malade, en l’invitant à passer quelques jours, avec elle à la montagne pour lui redonner un peu de force et de courage.

Les promenades en forêt à la recherche de champignons (chanterelles),les tantes possédaient leurs cachettes, gardées jalousement. La cueillette des myrtilles et airelles des bois, avec des peignes à cet usage. Nous en ramenions à la maison, plein de petits bidons….et le soir avec crème fouettée, quel régal.

Puisque nous sommes dans le souvenir de gourmandises je voudrais rappeler que chez oncle Julien, toute la semaine pain de seigle, parfois dur…dur…mais le dimanche pour le dessert, pain blanc, tartiné de succulente crème fouettée, récoltée sur le dessus  du lait qui avait reposé pendant un certain temps dans de grandes jattes.

Oncle Joseph, frère de Fridolin, avec son épouse tante Prospérine, invitaient dans le courant de l’été, toute la parenté, à la fête de famille, au Prilet, pour une joyeuse raclette. Chants, rires, démonstrations débordantes parfois, tante Prospérine imitant le cri de la poule « cot,cot,cot… »

Oui, c’était la maison du bonheur, j’y repense encore avec émotion. grd.m. ROSE

 

Oncle Julien St.Luc

  

4 juin 2007,je ressens picotements dans la gorge, toux tenace, légère température. Je me décide donc à me rendre à Vissoie, à la pharmacie d’Anniviers, officine de ma chère cousine Anne-Françoise.

Arrivée sur la grande place du village, les souvenirs de mes vacances d’été de ma jeune enfance, 9 à 10 ans, foisonnent dans mon esprit. VISSOIE est le village cœur d’Anniviers. De ce centre, partent diverses directions. D’un côté départ pour St.Jean-Grimentz, à l’opposé St.Luc-Chandolin, autre destination Ayer-Zinal. Je revis tout d’abord mes vacances d’été à St. Luc, dans la famille de oncle Julien, frère de mon grand-père, je l’aimais beaucoup, Neuf enfants, la plupart adultes. L’aîné, Aldéric (prénom insolite ) pour moi à l’époque, me paraissait distant, froid, et m’impressionnait. François, d’un an plus jeune, était mon compagnon de jeux, je l’appréciais. Adulte il faisait commerce à Sierre, de la vente de petits animaux, « Mini Zoo » .

Parmi les cousines, ma préférée, sans conteste se nommait Cécile. Petit foulard pour me préserver du soleil, « caquolet » sur le dos,(outil pour ranger les bottes de blé pour les déposer au raccard, (grange). Cécile avait un petit bon ami qui en cachette venait nous rendre visite au raccard, quelques baisers amoureux et son Robert qui repartait transi de bonheur. J’étais dans le secret de ces rencontres innocentes et avais promis de ne rien dire….Yvonne l’aînée à cette époque pleurait, pleurait….elle me faisait pitié. Je demandais « pourquoi pleure-t-elle ? » Réponse, « elle a mal aux dents » Moi qui ne connaissais rien aux mystères de la vie, je le croyais alors qu’elle attendait un bébé, que le père ne voulait reconnaître. De retour à Sierre en automne je fais visite à Muraz/Sierre, à tante Elisabeth. Heureuse surprise un bébé dans un berceau et par hasard ma tante alitée pour cause de grippe…..On me raconte que bébé est le fruit d’Elisabeth. C’est comme cela que les secrets de famille naissaient à l’époque.

Au chalet pas d’eau, il fallait la chercher au bassin avec brantes et bidons. C’était un bien précieux, aussi pour se laver les mains, les premiers arrivants profitaient d’une eau claire qui s’assombrissait au cours de la journée, pour devenir grisâtre….Dans le village de St.Luc, je rencontre des estivants étrangers au pays qui me demandent le nom de nos montagnes. Je leur cite,  «  Le Weisshorn, la Jungfrau, le Wilstrubel, le Fissterahorn », et me sens très fière de ma performance. Je participais, aux foins que l’on transportait sur la tête, au ramassage du blé, garde du bétail, vaches, veaux. Une occupation très chouette, dans la forêt de Prilette-Gillou, remplissage de la litière, (aiguilles de pins et sapins séchés) pour le confort du bétail à l’écurie. Avec les sacs remplis on se laissait rouler dans les dévaloirs en poussant cris de joie et rires. Je reporte la suite à bientôt, car ma tâche ménagère me sollicite. grd.m.ROSE