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Le Blog De Grand-Mère

rogations

Nous vivons actuellement les « saintes glaces ». C’est le retour du froid, vent, pluie, période que la nature vit avec une certaine angoisse. Nous en parlions avec Marie-Claire ce dimanche et je lui suggère de nous référer  aux coutumes d’autrefois….  « La procession des rogations », coutume inconnue d’elle.

Dans le courant du mois de mai, les enfants des écoles, avec nos enseignants, nos parents et le public de notre ville, à 6 heures, dans la fraîcheur du matin, nous prenions part à la procession des rogations, prières publiques faites pour attirer sur notre vignoble, nos champs, la bénédiction de Dieu, afin que le gel soit épargné à toute notre agriculture, gel qui serait catastrophique pour l’année.

Ces cérémonies s’étalaient sur trois jours. Le premier jour direction « Couvent de Géronde ». Le second jour « Eglise de Muraz », le troisième jour, « Eglise de St. Ginier ».

Tout le long du parcours nous récitions le chapelet, Notre Père, je vous salue Marie, gloire au Père, au Fils, à l’Esprit saint, ces prières entrecoupées de chants à la Vierge. A l’arrivée sur lieux du culte, nous assistions à la messe et à la prise de la sainte communion qui exigeait d’être à jeun pour la recevoir. Ensuite retour à la maison pour un petit-déjeuner bien mérité avant de retourner en classe pour les dix heures du matin. Je garde de cette coutume des rogations un excellent souvenir. C’était un réel bol d’air pur, pour l’esprit et le corps.

Pour nous enfants une autre activité , le matin très tôt, afin de récolter quelques petits sous… la récolte des hannetons. Ces insectes vivent sous terre pendant trois ans, ensuite ils envahissent la campagne, buissons, arbustes etc.. A cinq heures donc alors qu’ils dorment, avec nos bidons nous allons les cueillir. Facilement, nous récoltions, deux, trois, parfois jusqu’à cinq kilos de ces bestioles…Nous apportions  ce bien précieux à un centre de ramassage, pour incinération, et toucher un petit pécule qui nous permettait l’achat de « caramels aviateurs » au prix de un ct. rouge pour un caramel. Nous avions donc déjà le sens du développement durable et de l’écologie tout en nous enrichissant pour l’achat de friandises.         Grd.m. ROSE


reviens période de guerre

Je reviens à la période de guerre 1939-1945. Epinglée dans notre appartement, une grande carte de l’Europe. Mon frère René se passionnait  pour suivre l’évolution de la situation. A l’aide de petits drapeaux  il notait l’avancement ou le recul des armées belligérantes, se référant aux nouvelles de la radio. Je portais davantage d’intérêt aux réseaux de la résistance. Il s’y dégageait du mystère. Le Général de Gaule depuis Londres dirigeait la France-libre…Des messages codés chaque jours par la radio.  «  les français parlent aux français.. » (les sanglots longs des violons bercent mon cœur d’une langueur monotone…poème de Verlaine.) (les moutons paissent dans la prairie) (les marguerites sont cuites) etc.. Le chant des partisans nous remplissait d’émotions et éveillait  en nous , le sentiment patriotique.

« Ami entends-tu le frisson des soldats qu’on enchaîne….Ohé partisans, ouvriers et paysans…c’est l’alarme, ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang….La BBC  accompagnait nos vies. Dans notre région des camps pour réfugiés ont été aménagé. A Chalais pour les polonais, dans la forêt de Finges pour les juifs. Les contacts avec notre population étaient bons et chaleureux. Nous avions peine pour ces personnes déracinées. Avec mon amie Jeannette, par un dimanche ensoleillé nous avons rencontré un jeune de notre âge, jeune français israélite. Fraternellement nous lui avons fait découvrir les jardins, la grotte, la tour du château Mercier. Je le revois, petit fluet, visage pâle, cheveux bouclés surmontés de sa

kippa (calotte).

En Suisse nous étions solidaires. le plan Wahlen qui régissait la répartition des biens de la terre, (fruits, légumes etc..)a permis de vivre décemment à la population. Pendant toute la période de guerre, il a été décrété…..(aucune augmentation permise pour les denrées alimentaires) (exemple : prix de l kg. de pain 40ct. l lt. de lait 35ct. etc.Nous avions foi et beaucoup d’admiration pour notre Genéral Guisan.

Le 8 mai 1945 l’armistice  qui signifie fin des hostilités. C’est la grande fête partout. Retour des lumières, joie dans les cœurs. Jeannette, Marius, Raymond et moi-même,jusqu’au petit matin nous avons chanté et dansé au café du commerce qui n’existe plus actuellement et a été remplacé par la Taverne sierroise. A six heures le matin il fallait être en forme pour la procession des rogations..(prières publiques faites pour attirer sur les vignes et les champs, la bénédiction de Dieu. J’en reparlerai de nos rogations.      Grd.m. ROSE


guerre 1939-1945

Notre ville de Sierre doit être restructurée, développée, rendue plus attrayante car elle a perdu son charme d’antan…..ruelles romantiques, vieux quartiers, petits commerces spécialisés etc.

Il a fallut moderniser, cela s’est peut-être réalisé d’une façon anarchique ??? perte de son charme.

Nos autorités ont pris conscience de la nécessité d’un renouveau pour notre cité. De nouveaux plans d’aménagement nous sont proposés….tant mieux.

En ces circonstances  je m’autorise à rêver---- à revivre un peu mes quartiers du bourg et de la scie, quartier de nos ébats d’enfants joyeux , insouciants, alors que c’était l’avant et le début de la guerre 1939-1945... L’année de mes 12 ans, 1939 à la déclaration de la mobilisation générale, je ressens l’affolement de certaines mamans en pleurs…. « Qu’avons nous fait au Bon Dieu pour qu’il nous prenne nos hommes ?? » Une nouvelle période de vie commençait. Des tickets livrés par la commune, obligatoires pour l’achat de nourriture et d’habits.

Dès la tombée de la nuit, obscurcissement totale dans la ville. Les ampoules électriques peintes en bleu, rideaux, tentures épaisses dans les appartements. Aux enfants des écoles était proposé de parrainer un soldat en lui envoyant colis et lettres  afin de lui manifester notre amitié et admiration. Ma cousine Lily de tante Clémentine  a été marraine fidèle pendant toute la durée des hostilités. Moi-même j’avais mon petit soldat dont j’ai actuellement oublié  de quelle région de Suisse il venait. Je crois que je n’ai pas tenu pendant toute cette période. Nous en parlions entre nous avec fierté. Nous étions en admiration devant notre Général Guisan. Il était beau, voix chaude, apaisante. Nous lui portions une réelle affection. En Suisse nous n’avons un GENERAL que pendant une période de guerre. Pour nous amuser le soir dans la nuit noire, sans lumière le jeu de cache-cache était notre favori. Parfois les sirènes avec leur bruit fort et strident nous indiquaient que des avions ennemis, survolaient notre Valais, pour se rendre en Italie. Des trains blindés…traversaient également nos cités.

Notre papa Fridolin a été exempté du service pour cause de santé grave. Je sais qu’il en a ressenti un peu d’amertume alors que ses collègues et spécialement son grand ami Léon, à l’époque, capitaine, ont été appelé à servir, notre patrie….

Dans notre quartier nous avons vécu la cérémonie d’enterrement du soldat Charles Pfyffer décédé à l’armée. Pour nous enfants que c’était triste et impressionnant. Musique militaire, drapeau sur le corbillard, tir d’honneur puis départ pour l’église. Le cercueil sur un char tiré par un cheval drapé d’un grand drap noir.

Pour ce soir, je reste à mes réflexions et sous peu, je décrirai la configuration de mes quartiers.          grd.m. ROSE