1943-1944 théâtre
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27 Juillet 2008 à 09:15 dans
- Général
Personnages attachants ou insolites
Il est des personnages qui ont marqué mon enfance tant ils étaient attachants ou insolites. Je me souviens, dans la période des années 1930 de notre curé Luc Pont, originaire de St.Luc, prête de notre paroisse, plus tard nommé chanoine du chapitre de Sion. Je le voyais imposant, chevelure grisonnante, grande prestance, il était beau, pour moi, petite fille, il incarnait Dieu le Père. Il était le réel bon Pasteur, disponible pour chacun, avec discrétion il prodiguait charité, bons conseils dans les situations de détresse. On ne pouvait que l’admirer. Les pères capucins de l’ordre de St. François faisaient partie de notre vie. Ayant fait le vœu de pauvreté, une fois dans le courant de l’année une journée leur était consacrée. Ils rendaient visite dans nos familles pour récolter, fruits, légumes, argent. C’était pour nous enfants journée de joie car nous recevions en retour, de leur part, des images saintes, à l’effigie soit de l’ange gardien, de la vierge et l’enfant, ou autre représentation. Il était coutume lorsque nous rencontrions un prête de le saluer en lui tendant la main. « Petite anecdote» : Monseigneur Nestor Adam, sacré évêque du Valais le 8 août 1952, rendait assez régulièrement visite dans les paroisses. En compagnie de ma sœur Blanche nous le rencontrons. Avec précipitation Blanche tend sa main à Monseigneur…."bonjour M. le curé" On nous fait remarquer qu’il s’agit d’un Monseigneur et non d’un simple prêtre…Blanche rétorque…" je ne vous avez pas reconnu.." sourire amusé du prélat que nous avons quitté après avoir baisé son anneau, selon la tradition. Monseigneur Adam était vraiment apprécié. Personnage fait de simplicité et d’ouverture. Sa devise "Ou il y a de l’amour, il y a Dieu".
Dans les personnages insolites, je revois Jean Studer, dit « l’express ». Agité, nerveux, mais toujours affable et de bonne humeur, il distribuait les express postaux. Grande sacoche, casquette à la mention express, c’était son uniforme. Il appréciait les pourboires des clients, qui lui permettaient de mettre « un peu de beurre dans les épinards » selon la formule consacrée. Il était un peu l’ami de chacun.
Je n’oublie pas Madame Chappuis, maraîchère. A l’angle de la rue principale et de la rue de la gare, 2 fois dans la semaine, elle installe son petit stand de fruits et le légumes. Maigre, élancée, chignon gris abondant, lunettes imposantes, elle était fort appréciée tant par la qualité de sa marchandise que par son esprit vif, malicieux. Je repense à tante Marie la boulangère, au petit nain tailleur « Dell Ava ». Au coiffeur Rouseille, au boucher rougeau Bonvin, et à plusieurs autres qui défilent dans mes souvenirs. Il est dimanche 30 avril, demain une nouvelle semaine pointe à l’horizon. Je dis à une prochaine échéance….grd.m. ROSE
Quel lieu attachant que mon quartier d’enfance, rue du Bourg… Convivialité, entraide, amitié entre les habitants. L’architecture, l’aménagement judicieux des bâtiments concouraient à en faire un lieu dans lequel il fait bon vivre.Le château « des Vidômes », la maison de Chastonay donnaient à notre rue, son aspect aristocratique. La maison Racine abritait le tribunal de la ville. En face de l’hôtel actuel de la Poste, je pense à la cordonnerie Géraud, dont le maître artisan avait la réputation d’artiste tant son travail était de qualité.
Dans ce bâtiment vivait Bertha B. qui, avec son petit char, récoltait les « lavures » des ménages, afin de nourrir ses cochons… c’était à l’époque une façon écologique de traiter les ordures. Bertha, personnage très attachant pour toute la ville. J’aimais à m’entretenir avec elle, à écouter ses histoires.
La maison Kohlbrenner, vente de sanitaires et divers produits d’entretien. La patronne, veuve, personne battante, reconnue à la ronde…avec ma maman son amie, échangeaient dans la joie et la bonne humeur… Attenant au même bâtiment, un cordonnier, d’un âge avancé,de langue allemande, je suppose qu’il ajustait plutôt les « socs » ou chaussures pour la campagne… (parenthèse), enfants et parfois adultes nous portions des sandalettes en bois et lanières de cuir sur le dessus.
Je n’oublie pas « la consommation » actuellement salon de coiffure Bünter. M. Pouget en était le gérant. De nos jours on ne dit plus consommation, mais Coop. À l’époque les clients en général achetaient à crédit, montant marqué dans un carnet personnel, et réglé à la fin du mois. Nous étions très amis avec la famille Pouget qui posssédait une radio, rare en cette période. On pressentait l’arrivée prochaine de la guerre aussi mon papa, souvent le soir, écoutait les nouvelles chez eux. (petite anecdote). Au mariage de Lucie, j’ai eu l’honneur d’être choisie comme demoiselle d’honneur. On me prête une robe longue bleue pour la circonstance. Pour compléter la tenue, chaussettes en laine de mouton et chaussures trotteurs très confortables. Vous pouvez imaginer ma joie et ma fierté.
En face de l’église, mon épicerie à bonbons. Pour 1 ct. nous recevions 1 caramel aviateur. Le bâtiment de la famille Rey, d’excellente réputation. Adolphe tenait commerce d’outils de toutes sortes. Louisa et sa sœur vaisselles et tous les accessoires pour le ménage. Les listes pour cadeaux de mariage avaient réputation dans tout le district et bien au-delà. Face à l’église, l’horlogerie Max Buro, (marques Mido, certina et autres) mais surtout on appréciait le magasin de fine lingerie de Madame Roh-Rouvinet, fidèle amie de ma maman. Elles ont vécu des instants privilégiés à regarder la belle marchandise, à se confier, à s’éclater parfois par ces rires qui font un peu oublier les tracas éventuels de la vie courante. Je n’oublie pas la famille Wicky, famille de onze enfants je crois, dont la mère veuve très jeune a assumé avec courage sa tâche de maman. Vient ensuite la laiterie de M. Schmutz qui avait adopté un enfant très turbulent que nous appelions « Matzoléni ». Le lait s’achetait à l’emporté, avec un bidon… Je termine pour ce soir avec le « Violon, notre prison.. »
À une autre fois, Grd.m. ROSE
Février insolite
Oui, le mois de février est surprenant et insolite. En cette année 2008, année bissextile, il affiche 29 jours. C’est le mois de manifestations profanes et de celles à caractère religieux. Un peu partout dans le monde on a fêté CARNAVAL. Nous n’avons pas manqué à la tradition. Dans le Haut-Valais spécialement à Kippel dans le Lötschental, masques taillés dans le bois, édentés, horribles, des cloches imposantes, tout cela pour effrayer la population… Dans nos différentes villes valaisannes, chars imposants, musique, danse, confettis à gogo…Tout cela pour la joie des enfants et des adultes redevenus enfants pour un certain temps….Après l’excitation, le calme est revenu dans le cœur, dans les esprits.
Le 2, de ce mois, nous fêtons « La chandeleur » . C’est à l’origine, une fête catholique qui célèbre la présentation de Jésus, au Temple et la purification de la Vierge Marie. Une ancienne tradition veut que ce jour-là on confectionne des crêpes, pour cela on tient une pièce de monnaie dans une main, pendant que, de l’autre on fait sauter la crêpe en l’air pour la rattraper dans la poêle.
Mercredi 6 février, c’est la première journée de CARÊME dans la tradition catholique. En souvenir d’Adam condamné « à retourner poussière » après son péché. Les chrétiens sont appelés à se purifier de leurs fautes en passant par des privations, cela jusqu’au vendredi saint ( Jour de la mort du Christ, c'est-à-dire 40 jours précédant la Pâques). De nos jours les fervents catholiques se rendent encore à l’église pour « la distribution des cendres » cérémonie pendant laquelle le prêtre utilise une poignée de cendres en faisant le signe de croix sur le front des pratiquants. Coutume toujours actuelle.
Des souvenirs de mon enfance il me souvient spécialement du 3 février. (St. Blaise) évêque en Arménie, martyrisé en 316, patron des drapiers. Dans sa résidence épiscopale, il recevait les gens et les bêtes malades qu’il guérissait d’une simple bénédiction. Autrefois pour rien au monde nous ne manquions à la cérémonie. Deux bougies tenues en forme de croix sur notre cou, nous préservaient des angines et des maux de cou, durant tout l’hiver…. Si ma fille Michèle a pu éviter l’ablation des amygdales, c’est grâce à la divine intervention de Saint Blaise qui fut décapité ne voulant renier sa foi. Ces quelques faits à vos réflexions. A un prochain échange. Grd.m. ROSE
Tante Marie d’Amérique, J’ai laissé au repos le blog de grd.mère .
La course à la Maison Blanche entre BARACK Obama et Hillary CLINTON, tout deux démocrates, à l’occasion de l’élection présidentielle aux USA, me fait me souvenir que nous avons une tante Marie d’Amérique avec laquelle nous avons toujours eu beaucoup de contacts dans la famille, contacts entretenus par courrier échangé avec ses frères et sœurs.
En 1988, toute une délégation de chez nous s’est rendue en Californie pour fêter ses 100 ans. Quelle joie que cette rencontre. Sa date de naissance 1878.Tante Marie exerçait la profession d’institutrice. Six mois d’école, six mois pour une autre activité. Tante Marie travaillait donc également dans l’hôtellerie en qualité de fille de salle. C’était une personne très cultivée, esprit ouvert, très moderne pour son époque. Elle possédait une écriture faite de déliés et de pleins, tout en finesse que nous admirions en lisant le courrier qu’elle nous faisait parvenir très régulièrement. En 1914, elle rencontre et tombe amoureuse de oncle Victor qui lui aussi travaille dans l’hôtellerie. Il lui fait part de son intention de faire sa vie en Californie, il quitte donc le Valais en promettant de venir chercher sa chère Marie dès qu’il aura du travail un peu stable. (A l’époque l’Amérique donnait des terres à défricher, à cultiver), donc oncle Victor a reçu sa part. Il fallait creuser des puits, assainir les marécages, entre autres activités, il avait la charge, avec un bus d’amener les enfants à l’école, enfants qu’il cherchait dans les différentes fermes. Ensuite il a construit sa maison,….(au dire de tante Marie…. un petit cabanon) En 1921, oncle Victor, toujours amoureux, rentre au pays pour chercher tante Marie et l’amener aux Amériques…. Presque un choc pour la petite valaisanne, dans l’immensité des terres californiennes…Jusqu’en 1939 elle a ressenti le mal du pays. Trois beaux enfants sont nés. Arthur, Léo, Marie-Louise. Après bien des années de labeur la propriété est devenue, culture du coton, des amandes, de la vigne. J’ai eu l’occasion d’en faire le tour. J’en garde un souvenir étonnant et admiratif, par l’immensité… A bientôt en compagnie de tante Marie d’Amérique à laquelle je voue une réelle affection. Grd.m. ROSE
Noel approche. C’est la période propice aux bonnes intentions. Faire des gestes, apporter de la joie autour de soi.Je fais partie d’une association féminine. Il y a bien des années notre groupe, à l’occasion de la venue des fêtes de Noel et de fin d’année, nous prenons l’initiative de fêter les pensionnaires de la prison cantonale, à Sion. Nous prenons donc contact avec les responsables de l’institution qui nous donne le feu vert…..Préparation de gâteaux, friandises et autres. De l’excitation pour cette démarche, nouvelle pour nous. Les portes du pénitencier s’ouvrent. A déposer nos sacs, nos bijoux trop voyants, dans une petite salle. Devant les portes des cellules de grandes tables. Nous prenons place au milieu des détenus. Un bon vin chaud nous a été servi. Un vin chaud, léger, davantage d’eau que de vin pour ne pas exciter tout ce monde…Nous échangeons impressions, souhaits. Les uns librement racontent leur parcours. A ma droite un homme du Bas-Valais assassin lors d’une bagarre dans un café à Chamoson. A ma gauche, l’homme qui avait violé ses filles. Il était devenu aveugle, pleurait car disait-il on le laissait seul, peu de promenade….donc les mouchoirs en papier pour sécher les yeux de ce pauvre et de certaines d’entre-nous, si émues, au point de proposer que l’on vienne le promener dans la cour de temps en temps. Naturellement impossibilité d’envisager une telle solution…En face de moi, un jeune apprenti cuisinier, qui avait commis des vols à l’hôtel du Cerf. Je l’ai bien encouragé à continuer son apprentissage à sa sortie, mais lui ne se disait pas du tout convaincu. Un petit groupe de jeunes élèves d’une école de danse classique animait notre après-midi.Ambiance de tristesse d’un certain chagrin, nous aurions souhaité pouvoir ouvrir toutes les portes pour ce Noel et dire à tout ce monde, « c’est la fête vous êtes libres « En fin de journée, lors de notre départ, un jeune s’est ouvert les veines et les autres, derrière les barreaux nous remerciaient. A la réflexion je dois dire que cette façon de procéder n’apportait rien de positif, au contraire car nous n’avions pas la formation requise pour une telle aventure. L’intention belle, l’excution plustôt néfaste. Souvenir, souvenir, Joyeuses fêtes en cette fin d’année. Grd.m. ROSE
La télévision nous annonce la prochaine ouverture du procès COLONNA, en SICILE , à la suite du meurtre du Préfet ERIGNAC. Mes dix ans ont été marqués par l’histoire que je relate ici. Agnès F. purgeait une peine de prison à Sion, pour avoir procédé à un avortement. M. Bouin, d’origine française s’y trouvait pour bracage. Ces deux personnages font connaissance et décident de s’échapper de l’établissement. Agnès connaissait bien St. Luc, et l’hôtel du CERVIN. Elle y avait travaillé. C’était l’hiver, l’hôtel fermé. Ils décident de s’y rendre et y vécurent pendant 5 semaines environ. A cette saison, pas d’eau dans la maison, mais assez de provisions pour vivre à l’aise.
Pendant la nuit donc, pour ne pas être repérés, ils cuisinent et cherchent de l’eau au torrent du village. Au mois de mars, oncle Erasme se rend à son hôtel pour s’assurer qu’il n’y a pas de dégâts éventuels…… Nos deux compères, Agnès et Bouin alertés par du bruit, s’échappent pour se rendre à Chandolin. Ensuite ils veulent rejoindre la plaine par un petit sentier qui les conduit au village de Fang. La police les y attend. Fini la cavale…..Après avoir purgé sa peine Agnès épouse un unijambiste et finit sa vie à Corin. M. Bouin ?????
A cette même période un autre drame. Je me revois dans la rue en compagnie d’une bande d’enfants entre 7 et 12 ans. Nous suivions un petit cortège composé de deux gendarmes, de deux hommes qui avaient tué l’épouse de l’un. La formation partait du VIOLON pour se rendre au tribunal et ensuite être transférés au pénitencier de Sion. Le violon était la première étape avant de se rendre au tribunal, maison RACINE. Le tragique de cette situation est que notre petit camarade de jeux regardait passer le triste cortège dans lequel son père était l’assassin. Nous étions tous très tristes et c’est en silence que nous assistions à cette situation. Grd.m.ROSE
Ivana me presse de m’activer à nouveau sur mon blog que j’ai un peu négligé.Par la radio j’apprends la décision de certains cantons de revenir à l’utilisation des notes scolaires qui avaient été mises de côté au profit des évaluations 2 à 3 fois dans l’année. Pour ma part j’approuve pleinement cette nouvelle façon de procéder…..alors que je suis une grand-mère de 4 fois 20 ans…. Je revois mon carnet scolaire que nous devions faire signer par nos parents, chaque fin de mois. La page mensuelle était divisée en deux paragraphes. Le premier faisait mention de Exactitude---politesse---discipline---propreté…application. Le deuxième paragraphe évaluait, mathématique, français, géographie, histoire, dessin, chant,gymnastique, travaux manuels…. Les notes de 1 à 6, la meilleure naturellement la note 1. Mes parents exigeaient le 1 dans les branches du premier paragraphe, spécialement pour politesse et application. Les autres branches étaient moins importantes à leurs yeux…… contrairement à la façon d’évaluer aujourd’hui… Si une note 2 apparaissait dans le premier paragraphe nous avions, mes frères et moi-même droit à une correction le soir … pas bien méchante, petite fessée de la part de mon père. Je n’ai jamais vu mon papa administrer une correction sous la colère… simplement il indiquait, « on règlera la situation ce soir ». Certains mois nous étions parfois trois enfants à mériter la dite correction… donc pleurs de mes petits frères que je calmais … « arrêtez vos pleurs on aura le temps de pleurer ce soir ». Vite au dodo, faisant semblant de dormir… puis la voix chaude et affectueuse de notre père.. « on a un compte à régler », petite correction et promesse de faire des efforts les prochains mois.
A l’époque de mon enfance les instituteurs pouvaient administrer la fessée aux élèves difficiles parfois même en descendant leur culotte. Mon père étant maître de la sixième primaire, je vous fais mention de cette anecdote. Un de ses élève, arrogant, fort, méritait la fameuse correction. Mon père tient la tête de l’élève entre ses jambes et un collègue administre la correction. Pas de chance….l’élève mord la cuisse de mon père qui devient livide. Je le revois de retour à la maison, vraiment perturbé. Dans le courant de l’année scolaire, une sœur visitante contrôlait la chevelure de chacun pour détecter si il y avait des poux, dans l’affirmative, traitement de désinfection. Dans ma classe une élève que nous surnommions « Joséphine Backer » , dont le père était employé à la voirie communale était appelée à subir le traitement. Dans le courant de la journée, la porte de la classe s’ouvre fortement, le père de notre Joséphine fait irruption, s’approche de la maîtresse et lui administre une bonne paire de gifle… « Je vous apprends à dire que ma fille à des poux »…
Autre époque, autres mœurs….mais belles époques grd.m. ROSE